Le futur musée d’histoire de France sans domicile fixe

Cela faisait plusieurs mois que personne n’en parlait plus publiquement… Au point que certains ricanaient : le grand projet présidentiel de musée d’histoire de France n’allait-il pas finir aux oubliettes?Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a montré récemment qu’il n’en était rien. Le projet existe toujours,  sous la houlette de Jean-François Hébert, président du Château de Fontainebleau. Mais justement, a précisé sur Europe 1, le ministre, le 16 mai dernier « la maison d’histoire de France » (telle qu’on l’appelle aujourd’hui, c’est plus moderne), n’ira pas à Fontainebleau : trop lié à la « monarchie »  – comme si Napoléon n’y avait pas séjourné !

Le suspense est donc reparti pour un tour : Les Invalides? Le château de Vincennes? Les deux lieux ont la cote et selon l’historien Jean-Pierre Rioux qui avait été chargé, l’an dernier, d’un premier rapport sur cette localisation « il est évident que la philosophie de cette Maison de l’histoire de France sera différente selon les murs qui l’abriteront.  » Ainsi, les Invalides, musée d’histoire militaire imposeront sans doute une vision plus événementielle, plus traditionnelle que Vincennes. Mais on parle aussi de plus en plus de  l’Ile Seguin, en jachère, à Boulogne-Billancourt
Un outsider est en train de pointer son nez : l’hôtel de la Marine, place de la Concorde. Ce magnifique hôtel particulier, pendant de l’hôtel de Crillon, dessinés tous deux au XVIIIe siècle par l’architecte Gabriel (qui conçu aussi, entre autres, le Petit Trianon de Versailles).  Cet élégant et immense édifice vient d’être laissé vide par l’Etat major de la Marine, avec tout son décor et son mobilier d’époque !
Les rumeurs les plus folles courent sur son devenir : un palace clinquant? Un complexe de salons privés? Les associations de protection du patrimoine sont inquiètes.  Alors, pourquoi pas un musée d’histoire de France qui respecterait l’esprit des lieux?
Pour l’instant, on ignore même si ce projet toujours « sans domicile fixe » survivra finalement à la politique de rigueur budgétaire qui s’annonce. Frédéric Mitterrand semble penser que oui. Mais cela fait plus d’un an que la réflexion est lancée. Le Président pourrait trancher le 20 juin prochain.

25/05/2010

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