A la découverte des burons du Cantal…

Un « buron »? Je dois avouer qu’avant de voir l’exposition conçue et réalisée par mon confrère Jacques Hamon, président de l’association « Cézallier, vallée de la Sianne« - , j’ignorais tout de ces austères maisons, solidement construites en pierre et destinées à abriter les bouviers pendant l’été…

Sur ces hauts paturages du massif du Cézallier, dans les monts du Cantal, situés entre 600 et 1500 mètres d’altitude, l’hiver était trop rude pour les paysans qui résidaient plus bas.  Du 20 mai au 20 octobre environ, les « buroniers »   montaient pour « l’estive » avec leurs troupeaux de vaches.  » Cette activité a commencé aux alentours  du XIV e siècle, après le défrichage des forêts, explique Jacques Hamon. Elle a connu sa plus grande heure de gloire entre 1850 et 1950. »

Les buroniers logent à trois ou quatre par maison et se concentrent essentiellement sur la fabrication des lourdes meules de fromage : cantal ou salers. Le travail est dur, entièrement manuel, ainsi que le montrent les nombreuses images anciennes présentant leurs différentes activités, rassemblées par l’association. Les nombreux documents, plans, photos et témoignages recueillis auprès des anciens, ont nourri ce très riche travail scientifique destiné à sauver la mémoire d’un monde disparu.

De ce fait, l’architecture des burons est très particulière : la fromagerie tient lieu de grande salle commune avec une cave attenante pour stocker les meules.  Les hommes dorment à l’étage ou à côté. Souvent, une « loge à cochons » complète le dispositif car le petit lait est un bon aliment pour les engraisser. Enfin, un « vélédat » ou étable à veaux, abrite les jeunes animaux.

Aujourd’hui, malgré un léger regain de la transhumance, les hommes ne séjournent plus dans les burons mais font les allers-retours en camion entre les paturages, la coopérative de fromage et leur demeure.

Quelques uns de ces bâtiments, situés pas trop loin des routes, ont pu être transformés en gîtes, mais la plupart, très isolés, tombent en ruine. Parfois, les lauzes de leur toît sont volées ou vendues, accélérant la destruction des murs de pierres, soumis à la pluie et à la neige.

Jacques Hamon, qui est aussi un membre actif de l’association des Journalistes du Patrimoine et qui fait partie cette année du jury du prix Patrimoine de Pèlerin, déplore la disparition de cette architecture, témoignage  important du travail des hommes dans ces montagnes et de toute l’histoire pastorale de la région.

« Estives et Burons », exposition présentée du 17 juillet au 20 août à la salle communale de Vèze (Cantal).

12/07/2010

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