Les profs d’histoire sous l’œil de l’Etat

L’actualité force parfois les rapprochements : en France, selon la volonté du Président Sarkozy, les professeurs d’histoire ont été obligés de lire en classe la dernière lettre du jeune otage Guy Mocquet adressée à sa famille en 1941, à la veille d’être fusillé.

En Russie, les enseignants du secondaire qui n’avaient jusque là pas de manuel d’histoire spécifique, se voient désormais chaudement recommander par le Président de la République Dmitri Medvedev lui-même, d’utiliser un ouvrage approuvé officiellement, qui réhabilite la période stalinienne

La situation est évidemment très différente dans les deux pays, mais à la lecture de cette information sur la Russie, dans le journal Le Monde, je n’ai pu m’empêcher de m’interroger : L’œil de l’Etat va-t-il, à l’avenir, se faire plus pesant sur l’enseignement de l’histoire ?
En France, cette discipline a réussi, depuis le XIXe siècle, à s’émanciper des idéologies et à exister en tant que science. L’honnêteté et la pluralité des regards d’historiens sur une même époque garantissant d’en peindre un tableau nuancé et qui tend à l’objectivité.

En Russie, semble-t-il, à l’époque de la Perestroïka, les historiens enfin émancipés du joug stalinien ont pris la liberté de raconter le passé de leur pays autrement, interrogeant ses zones d’ombres, réhabilitant des témoignages effacés…

Les enseignants du secondaire ne sont pas directement des chercheurs, la plupart du temps. Mais ils s’informent et relaient les recherches menées par leurs collègues de l’université ou des instituts.

Laissons-leur la liberté de puiser où bon leur semble, d’exercer leur esprit critique et par là-même de transmettre le goût du débat et du doute aux jeunes générations : que les élèves retiennent de leurs cours qu’il n’y a pas une seule lecture définitive de la Révolution russe ou de l’Occupation allemande en France. Et qu’ils n’oublient jamais qu’à chaque époque, on ré-interroge l’histoire d’une façon différente.

27/10/2009

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