Sainte-Odile de Paris fait peau neuve

Construite en 1935, dans un style original, cette église  parisienne vient de bénéficier, elle aussi, d’une rénovation exemplaire de sa façade. J’ai assisté, le mois dernier à une passionnante matinée de conférences savantes qui présentaient ce monument et sa restauration.

Paroisse des Alsaciens de Paris, Sainte-Odile

a été érigée sur souscription, à l’initiative du Cardinal Verdier, alors archevêque de Paris et du Père Loutil (Pierre L’Ermite, de son nom de plume), dans ce quartier périphérique du nord-ouest de la capitale, qui manquait alors cruellement de paroisses.

A l’époque, la ville de Paris a rétrocédé le terrain sous forme d’un bail de 99 ans qui viendra donc à échéance dans moins de 30 ans. Elle sera alors propriétaire du monument. « C’est la raison pour laquelle, même si cette église a été constuite sur des fonds privés, après la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, la municipalité a intérêt au bon entretien de cet édifice, classé depuis 2001 » a expliqué à cette occasion Laurence Fouqueray, architecte en chef à la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris.

 Cette restauration a été menée avec la participation du ministère de la Culture et d’un mécène, le cimentier Calcia qui « s’intéresse au vieillissement des bétons et aux problèmes que cela pose » a expliqué Bruno Carré, son directeur général.

L’architecte Jacques Barge s’est inspiré de l’architecture romane et byzantine. Mais il a utilisé du béton patiné de grès rose pour les trois coupoles en enfilade qui abritent la nef et pour le haut clocher de cet édifice coincé contre d’autres bâtiments, en angle de rue. Pour faire entrer la lumière, il a aussi imaginé une série d’immenses verrières sur le mur extérieur. Sainte-Odile est également connue pour la richesse de ses vitraux signés François Décorchemont, de son maître autel en verre de Labouret, des émaux de Robert Bariot…

Le monument est en assez bon état mais a été noirci par la pollution ( nous sommes à deux pas du périph’) Deux jeunes ingénieurs-restauratrices du Laboratoire de recherches des monuments historiques et du Cercle des partenaires du patrimoine, spécialisées dans les maladies du béton ont testé différentes techniques pour nettoyer au mieux « la peau » du matériau de ses salissures noires, parfois colonisées par des lichens.
Ce qui était impressionnant, c’est le détail de cette recherche minutieuse afin de savoir s’il fallait laver à l’eau, et alors, à quelle pression, ou « gommer » et dans ce cas, avec quelle abrasion… Ces deux jeunes femmes ont essayé scientifiquement plusieurs combinaisons, suivant qu’il s’agissait de l’intérieur ou de l’extérieur de l’église. Puis, une fois la technique adoptée, le travail s’est fait à grande échelle.

Leur étude permettra d’aller plus vite sur la dizaine d’autres églises parisiennes en béton armé, qui auront, un jour ou l’autre, bien besoin également de soins esthétiques !

Ajoutons qu’une autre recherche est lancée pour éviter le « ré-encrassement » des façades de ces dignes vieilles dames du patrimoine parisien.

06/01/2010

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